Au cœur de la baie marine du Fier d'Ars et des marais salants du nord de l'Île de Ré, la Réserve Naturelle de Lilleau des Niges abrite les éléments les plus remarquables du patrimoine naturel des marais côtiers atlantiques.
Historique
Jadis, Ré était formée de quatre îles distinctes qui se soudèrent entre le XIème et le XIXème siècle. Les premières poldérisations salicoles furent réalisées à partir du XVème siècle (entre le XVIème et le XIXème siècle pour le territoire de la réserve). Après avoir connu son apogée au XVIIIème siècle, la saliculture régressa progressivement : dans la réserve, le dernier marais cessa d'être exploité en 1976.
Milieu naturel
Le nord de l'île de Ré est caractérisé par un maillage de marais salants pour certains à nouveau exploités. Donnant un nouveau visage à ces anciens marais dont l'exploitation avait cessé, le paysage de la réserve naturelle reflète la diversité des marais côtiers atlantiques avec :
sur le domaine terrestre, d'anciens marais salants bordés d'une végétation halophile (adaptée au milieu salé) délimités par des "bosses" herbeuses;
sur la partie maritime, une succession de prés salés et de vasières recouverts à marée haute.
Faune et Flore
Véritable carrefour de migration, Ré a déjà permis l'observation de plus de 300 espèces d'oiseaux. En migration, des centaines de milliers d’entre eux transitent par la réserve pour se restaurer et se reposer.
Espèces menacées, l'Avocette, l'Echasse blanche et la Sterne pierregarin nichent sur des îlots. La Gorgebleue à miroir blanc fréquente les buissons des flancs de bosse. Ces différentes espèces doivent faire face à la présence envahissante d'une importante population de Goélands argentés dont la réserve contrôle les effectifs.
En hivernage, la Réserve Naturelle et le Fier d'Ars figurent parmi les dix premiers sites côtiers français pour l'accueil des oiseaux d'eau. A marée haute la réserve accueille jusqu'à 80 % des oiseaux d'eau hivernant sur Ré.
Ces marais salés constituent aussi des réservoirs biologiques pour les invertébrés aquatiques et les poissons, notamment l'anguille.
La végétation, peu diversifiée, est surtout caractérisée par les espèces halophiles. A l'exclusion des levées de terre, l'ensemble des habitats naturels (groupements végétaux) constitués des prés salés maritimes et des parties aquatiques des marais sont inscrits à l'annexe 1 de la directive européenne Habitat, du fait de leur rareté et des menaces.
Gestion
Outre l'effet de mise en réserve perceptible dès les premières années (effectifs d'oiseaux multipliés par dix), la gestion hydraulique couplée au pâturage des levées par des moutons "Scottish black face", permettent un contrôle fin des niveaux d'eau et des hauteurs d'herbe.
En hiver, cette gestion favorise aussi bien l'accueil des limicoles en zone terrestre lors des marées de vives eaux que l'alimentation des oies bernaches sur les bosses.
La restauration d'îlots et de micro-vasières favorise la nidification au printemps d'espèces vulnérables comme l'Avocette, l'Echasse blanche ou la Sterne pierregarin.
Suivis scientifiques
Ils sont menés sur la réserve et sur l'ensemble de l'ile pour déterminer l'évolution dans le temps et l'état de conservation des habitats et des espèces. Ces suivis visent aussi à évaluer l’impact de la gestion conduite.
Des études plus ponctuelles sur la flore, les poissons ou les petits invertébrés des vasières viennent compléter ainsi l’état des connaissances.
Accès et découverte
L'observation des oiseaux se fait dans d'excellentes conditions à partir des pistes cyclables et des chemins longeant la réserve.
La Maison du Fier présente le patrimoine naturel et culturel des marais de l'Île. Une liaison vidéo avec la Réserve Naturelle permettra prochainement de dévoiler la vie des oiseaux.
De nombreuses visites guidées sont régulièrement proposées.